Matériaux biosourcés: Et l’auto, elle est bio?

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Bio-sourced materials: Is this car organic?

La voiture moyenne contient jusqu’à 180 kg de plastique. Et pourtant, quand il est question de fabriquer des véhicules écoresponsables, on parle surtout du carburant et des émissions. La production de véhicules mobilise une quantité considérable de ressources, et plusieurs des matériaux les plus utilisés sont non renouvelables et à base de pétrole. Des chercheurs travaillent à remédier à cette réalité en développant de nouveaux matériaux d’origine biologique, des matériaux biosourcés, pour réduire et à terme remplacer le pétrole. Lors du Sommet Movin’On 2018, François Masson, directeur du programme de recyclage chez Michelin et Deborah Mielewski, responsable technique des matériaux durables et des matériaux de pointe chez Ford, se sont réunis pour discuter de la façon dont ils font la promotion des matériaux durables dans leurs entreprises.

 

« Pour créer une nouvelle génération de richesse, il faut repenser nos modèles de production afin de trouver des façons de travailler qui nous rendent moins dépendants des matières premières. »

– François Masson, Michelin 

 

Un argument de poids en faveur des matériaux biosourcés

Des entreprises comme Michelin et Ford se tournent vers des matières premières naturelles afin de réduire notre dépendance aux dérivés du pétrole. Utiliser des matériaux d’origine biologique dans la production de véhicule n’est pas un fait nouveau, mais la flambée des prix du pétrole vers la fin des années 2000 a provoqué un nouveau sentiment d’urgence. Deborah Mielewski dirige l’unité qui, au sein de Ford, développe des substituts à base de plantes. Du soja à l’agave, en passant par la fibre de tomate, son équipe transforme toutes sortes de plantes en matériaux composites en vue d’une utilisation dans l’industrie automobile. Apprenez-en plus sur la recherche de Ford sur les matériaux faits à partir de plantes dans leur rapport sur les matériaux renouvelables.

Visionnez la vidéo, produite par le Wall Street Journal, sur les pièces automobiles fabriquées à partir de végétaux par Ford et Jose Cuervo.

 

Selon Deborah Mielewski, «les matières premières naturelles ont beaucoup à offrir. Elles sont renouvelables, apportent aux agriculteurs une source supplémentaire de revenus et permettent de réutiliser des sous-produits. Elles sont aussi plus légères, contribuant à améliorer l’efficacité énergétique. C’est tout un monde de possibilités, mais il faut se mettre à la tâche.»

De la ferme à l’auto

Voici quelques matériaux biosourcés, faits à partir de plantes ou d’objets recyclés:

paille de blé et fibre d’agave → renforcement dans les matières composites

huile de soja → mousse pour les sièges

fibre de coco →  tapis de coffres

cellulose de l’arbre → consoles avec accoudoirs en composite

écaille de riz et lin → isolation pour composantes électriques

bouteilles en plastique → tissus de rembourrage

 

Surmonter les obstacles

Les matériaux biosourcés sont prometteurs, mais ils impliquent certains défis qui devront être relevés avant une utilisation massive:

  1. Développer la technologie: les chercheurs ont fait beaucoup de progrès, mais il faut beaucoup de temps, d’efforts et d’essais-erreurs avant d’obtenir un produit destiné à la consommation.
  2. Mettre fin à la culture du secret: la recherche et le développement dans le secteur automobile ont longtemps été astreints au secret. Il faudra des efforts pour briser les vieilles habitudes et trouver un équilibre entre la collaboration et la compétition.
  3. Faire un produit de consommation: selon deborah, il faut «franchir le cap», passer de la technologie de laboratoire au produit de consommation courant.

 

Comment y parvenir?

  1. Améliorer la réglementation: les gouvernements ont un rôle important à jouer en établissant des objectifs ambitieux, en imposant des standards, en finançant la recherche et en fournissant des incitatifs aux acteurs de l’industrie et aux consommateurs.
  2. Créer une culture d’innovation ouverte: les leaders de l’industrie doivent travailler de concert pour mettre en place les chaînes d’approvisionnement, les écosystèmes et les collaborations interdisciplinaires nécessaires au développement des nouvelles technologies.
  3. Impliquer le système d’éducation: en créant de nouvelles expertises et en formant des citoyens dotés d’une plus grande conscience écologique, les universités et autres institutions scolaires peuvent constituer des foyers d’innovation.

 

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