Nino Robotics: mettre la personne en valeur

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Nino Robotics: putting users in the spotlight

Les personnes qui marchent peu, difficilement ou pas du tout sont souvent contraintes de s’adapter à un fauteuil roulant afin d’être en mesure de se déplacer. Et si l’on créait un engin qui s’adapte plutôt à son utilisateur, qui le met en valeur et lui donne envie de se déplacer? C’est dans cette optique que Pierre Bardina a conçu les engins de Nino Robotics, une innovation qui lui a permis d’assister au Sommet Movin’On 2018 et de remporter l’une des deux premières places au Movin’On Startup Challenge. Voici certaines grandes idées tirées de l’entrevue qu’il nous accordée.

 

Nino Robotics, démystifier le transporteur assis

Lorsqu’il parle des produits qu’il conçoit et commercialise, Pierre Bardina n’utilise jamais le terme fauteuil roulant: «Il faut démystifier la chose, explique-t-il. Que vous soyez valide ou invalide, peu importe le moyen de locomotion terrestre que vous utilisez, que vous le vouliez ou non, vous êtes assis et en train de rouler. Donc quelque part, vous êtes dans un fauteuil roulant. Alors nous, on parle de transporteur assis, parce que c’est plus glamour et ça ne fait pas peur.»

Et dans un monde où les déplacements intérieurs et extérieurs sont facilités par le Nino – un transporteur assis fonctionnant comme un Segway – ou le One – une trottinette qui s’adapte aux fauteuils roulants traditionnels – la peur de sortir, de se déplacer, d’être vu, n’a tout simplement pas sa place.

Car c’est plutôt l’utilisateur que ces engins mettent en valeur. Comme l’indique Pierre Bardina, «c’est très important pour nous, parce que mettre l’utilisateur en valeur, ça veut dire qu’il va se sentir considéré, alors que c’est une personne qui a peut-être des problèmes de santé, des problèmes de mobilité. Et si je me sens considéré, je vais sortir plus souvent, je vais avoir des rapports sociaux plus importants avec les autres, ils vont me voir autrement, je vais me sentir mieux, je vais avoir un meilleur moral, et si j’ai un meilleur moral, je vais avoir une meilleure santé.» En somme, il prend le pari que le design des machines peut influer sur la santé physique et mentales des personnes.

 

Le design, c’est bon pour le moral

La conception du Nino et des autres engins de Nino Robotics se centre sur l’être humain et accorde une attention particulière aux matériaux choisis. Plexiglas, bois, couleur, design très léger: tout pour mettre l’utilisateur en valeur. «Vous vous faites remarquer lorsque vous êtes sur un Nino, s’exclame Pierre Bardina, mais ce n’est pas le fait d’être sur un Nino qui vous fait remarquer: c’est vous. C’est le fait que vous soyez heureux sur votre Nino qui vous fait remarquer.» Par exemple, la hauteur et le positionnement de la personne sur le siège ont beaucoup d’impact sur ses interactions avec les autres. Sur un Nino, l’utilisateur est assis considérablement plus haut que dans un fauteuil roulant traditionnel. En effet, quelle que soit la taille de l’utilisateur, sa tête sera à environ 1 m 65 du sol: «Le fait d’être installé plus haut permet d’être presque à la hauteur de la personne qui marche. Donc, dans le rapport et dans la discussion avec les gens, vous êtes traité d’égal à égal; on ne vous regarde pas de haut.»

 

Le Movin’On Startup Challenge: confronter ses idées pour grandir

Les grandes rencontres font partie intégrante de l’expérience au Sommet Movin’On, pour les participants comme pour les conférenciers et les partenaires. Et selon Pierre Bardina, c’est aussi l’un des aspects les plus porteurs de sa présence à Montréal en 2018. «Sur place, j’ai rencontré des gens qui sont susceptibles d’être partenaires sur notre projet.» Il est même en voie de concrétiser un partenariat avec quelqu’un qu’il a rencontré au Sommet Movin’On: «Je suis en discussion avec Christophe Piquemal, le PDG d’Otonohm, qui propose une technologie de batterie bien particulière», avec un chargeur intégré directement à la batterie. Leur collaboration permettra de mettre sur le marché des engins de mobilité pour tous – peu importe leur niveau d’aisance avec la marche –, dans des grands espaces comme les aéroports, les parcs thématiques, les centres commerciaux et les villes.

Pierre Bardina considère que participer au Movin’On Startup Challenge en tant que start-up de la mobilité, c’est «un test pour soi-même et pour son projet. C’est l’occasion de partager avec d’autres dirigeants de start-ups, mais aussi avec de grands patrons, avec un public multinational, qui vient des quatre coins du monde et qui de différentes cultures. Le but, c’est de confronter ses idées à d’autres cultures, d’autres technologies, d’autres publics, et c’est là où c’est très enrichissant. C’est une occasion de tester son idée en très peu de temps. Et c’est aussi avoir l’opportunité de rencontrer des partenaires industriels de très haut vol, de très grande taille.» Il ajoute que cette expérience lui a aussi permis de découvrir les opportunités d’affaires avec le Québec et le Canada, qui peuvent souvent être des portes d’entrée pour le continent américain.

 

Une fraternité de start-ups

Parmi les 39 start-ups présentes au Sommet Movin’On 2018, Pierre Bardina a été particulièrement impressionné par les entreprises de la mobilité électrique et du recyclage de vélos. «L’autre secteur d’activité qui m’a marqué, ajoute-t-il, c’est le transport de marchandises à la voile, où il y avait un projet – Portfranc – qui était très excitant et qui m’a semblé plein d’espoir. Je pense que c’est quelque chose qui va se développer très fort.»

«J’ai apprécié que la problématique de la mobilité des personnes qui ont du mal à se déplacer soit prise en compte. Le fait de m’avoir invité et d’avoir aussi invité AddSeat, ça veut dire que les gens qui ont du mal à se déplacer sont pris en compte dans le cadre du Sommet Movin’On. Et c’est quand même assez important.»

 

Le Movin’On Startup Challenge sera de retour lors du Sommet Movin’On 2019, du 4 au 6 juin prochains à Montréal. Les entreprises éligibles sont invitées à poser leur candidature avant le 1er mars.