Quel bilan pour la COP24?

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A COP24 wrap up

La COP24 s’est terminée le 15 décembre dernier à Katowice, un jour plus tard que prévu, mais avec un accord signé pour mettre en œuvre l’Accord de Paris sur le changement climatique. S’il s’agit là d’une bonne nouvelle en général, les experts estiment de plus en plus que les objectifs sont trop bas et les mesures, trop faibles. Voici un retour sur ce que nous attendions de la rencontre de Katowice, et ce qui en a résulté.

 

On s’attendait à: Un plan d’action pour la transition vers une économie sobre en carbone

L’accord de Katowice qui a été signé ce week-end est un ensemble de lignes directrices solides visant à mettre en œuvre et à rendre opérationnel l’Accord de Paris sur le changement climatique. Et comme l’accord historique de 2015, il repose sur la confiance entre les pays, qui ont la responsabilité de jouer leur rôle dans la réduction du changement climatique.

Les principaux éléments de l’accord sont:

  • La transparence: Les pays ont accepté de partager leurs données et de montrer qu’ils font des progrès dans leurs actions climatiques. Cela répond à la nécessité de mesurer avec précision les objectifs de limitation des émissions contenus dans l’Accord de Paris.
  • Les contributions déterminées au niveau national (CDN): Ce sont les mesures d’atténuation et d’adaptation que chaque pays est prêt à prendre, y compris son soutien financier à des actions similaires dans les pays en développement. C’est aux pays eux-mêmes qu’il incombe de fixer ces contributions.
  • Un bilan mondial: En 2023, les pays devront évaluer l’efficacité de leurs actions climatiques. L’accord de Katowice décrit comment cette évaluation fonctionnera.
  • Du financement pour les pays en développement: Un suivi planifié en 2025 des 100 milliards $ par an promis pour l’action climatique à partir de 2020.

 

On s’attendait à: Plus d’attention pour la justice climatique

Et c’est ce qui s’est passé. La reconstitution des ressources du Fonds vert pour le climat (GCF) a été garantie via l’engagement pris par de nombreux pays développés – notamment l’Allemagne et la Norvège – de soutenir financièrement l’action climatique dans les pays en développement. Et selon la CCNUCC, «la mise en œuvre de l’accord bénéficiera à toutes les populations, en particulier les plus vulnérables».

 

On s’attendait à: Une attention accrue à l’adaptation aux changements climatiques

Maintenant que certains changements sont clairement impossibles à prévenir, l’adaptation doit être discutée au niveau international. Cela s’est produit à Katowice, où le Fonds pour l’adaptation a reçu un total de 129 millions $. Cela pourrait avoir un effet direct sur les ports de nombreuses villes, une infrastructure névralgique pour le transport de marchandises.

 

On s’attendait à: Davantage d’action de la part des gouvernements de proximité

Des gouvernements de proximité – comme les villes, les provinces ou les régions – prennent des mesures pour atténuer les changements climatiques, même si le pays auquel ils appartiennent n’a pas signé l’Accord de Paris. À cet effet, l’annonce faite par l’organisation C40 de travailler avec le GIEC identifie comment le rapport sur le réchauffement climatique de 1,5°C peut s’appliquer aux actions climatiques des villes. Les villes étant fortement impliquées dans le développement des transports urbains, y compris le transport en commun, les moyens de transport actifs et l’utilisation de la voiture, cette annonce est majeure en termes d’actions concrètes dans les transports.

 

Ce qui est encore en suspens: Les mécanismes de marché

On sait que la tarification du carbone est l’une des mesures efficaces pour réduire les émissions de carbone, et ce, à un coût relativement faible. Bien que certains pays, états ou régions ont créé des marchés du carbone, aucune approche coopérative n’a encore été convenue. En l’état actuel des choses, il est prévu de consacrer la prochaine année à fixer les détails des mécanismes de marché et de les adopter lors de la COP25, qui se tiendra au Chili.

 

Un coup de pouce aux véhicules électriques: l’initiative EV100

Au cours des négociations de Katowice, les entreprises ont également joué leur rôle en prenant des mesures en faveur des véhicules à faibles émissions. Cinq nouveaux membres corporatifs (BT Group, E.ON, Schenker AG, Ontario Power Generation (OPG) et Genesis Energy) se sont joints à l’initiative EV100 pour faire du transport électrique «la nouvelle norme» en 2030.

 

Et de l’action du côté de l’écosystème Movin’On Connect

Lors de la Journée des transports du PPMC (Processus de Paris sur la mobilité et le climat), les membres de l’écosystème ont travaillé pour obtenir visibilité et soutien à une coalition réunissant pays, villes et régions, et entreprises engagés pour accélérer la décarbonation du secteur du transport. La Boîte à outils de décarbonation et SuM4All / Mobilité durable pour tous ont été présentées, entre autres initiatives.

La décarbonation des transports a également été discutée dans le cadre de l’Événement du hub d’action de la CCNUCC, ainsi que de l’événement parallèle de l’Alliance pour la décarbonation des transports (TDA). Les résultats de ces discussions et initiatives seront certainement intégrés au Sommet Movin’On, ce printemps.

 

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