Comment diminuer l’empreinte des villes?

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La population mondiale se concentre plus que jamais dans les centres urbains, qui sont désormais responsables d’une grande part de la pollution, des embouteillages et des accidents.

« Nous savons que 54 % de la population vit dans des villes », souligne Bernard Haurie, directeur général adjoint de GeoPost, un géant mondial de la livraison de colis. Le nombre d’habitants des centres urbains devrait augmenter de 1,5 milliard d’individus au cours des six prochaines années. Même des sociétés traditionnellement rurales, comme celles de la Chine et de la Thaïlande, ont vu la population de leurs villes dépasser celle des campagnes au cours des 10 dernières années. « Il s’agit d’une tendance réelle et il faut être conscient que celle-ci ne va pas changer. »

Si le réseau de transport permet de livrer aisément des marchandises en périphérie des villes, approvisionner les commerçants et les clients qui se trouvent dans les centres urbains est un processus beaucoup plus lent et inefficace, qui contribue à la pollution et à la congestion routières, en plus de compromettre la sécurité des rues.

«Plus on se rapproche d’une ville, plus il est difficile de livrer des colis.»
– Bernard Haurie, GeoPost


À ce propos, le spécialiste indique que 30 % des premières tentatives de livraison échouent parce que le destinataire est absent. Et c’est sans compter la pollution que représentent les emballages, qui correspondent en moyenne à 40 % du contenu de chaque colis.

 

Un défi de taille

Bien que nous vivions à l’ère des technologies de l’information, les villes ignorent l’ampleur du transport de marchandises qui se fait sur leur territoire, affirme Thomas Bonhoure, directeur de l’aménagement et du développement économique de Versailles, située à 20 km au sud-ouest de Paris.

Trouver la bonne stratégie pour que les colis soient livrés à domicile peut s’avérer d’autant plus difficile que chaque ville a une géographie, une topographie et des infrastructures qui lui sont propres, sans compter les différences culturelles.

 

Quelles solutions?

Face à ces défis, une dizaine d’experts en mobilité urbaine et une soixantaine de participants à cette session de travail du sommet Movin’On ont réfléchi à des solutions novatrices et rapidement réalisables aux problèmes de congestion, de pollution et de sécurité. Ils devaient tenir compte des besoins des citoyens, des commerçants, des moyennes et grandes entreprises, des transporteurs et des autorités municipales. Voici quelques pistes de solutions:

  • Utiliser les réseaux de métro, la nuit, pour transporter les marchandises des entrepôts situés en périphérie jusqu’au centre-ville.
  • Favoriser les livraisons en dehors des heures de pointe en ayant recours à des boîtes d’entreposage codées, où les marchands ou consommateurs des environs pourraient récupérer leurs colis.
  • Prioriser les véhicules électriques pour les livraisons de nuit afin de limiter le bruit.
  • Créer un système de réservation de places de parking afin de réduire les embouteillages causés par les véhicules de livraison.
  • Mettre en place un organisme central, ou « tour de contrôle », qui dirigerait les transporteurs afin de réduire les embouteillages, encouragerait les échanges d’information à intervalles réguliers et permettrait une meilleure coordination des services de distribution.

 

Cet article est basé sur la session de travail donnée au Sommet Movin’On 2019 « La fin des parcours à vide : réduire la congestion et la pollution urbaines causées par l’acheminement de marchandises en ville » par Guy Pekle (Michelin), Thomas Bonhoure (Versailles Grand Parc), Bernard Haurie (GeoPost Group).