Couler ou survivre : la crise climatique de Bangkok

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L’architecte paysagiste Kotchakorn Voraakhom a mis en garde son auditoire à propos des conséquences des changements climatiques déjà en cours, affirmant que la mobilité durable ne consiste pas simplement à améliorer la circulation routière, les infrastructures urbaines et la qualité de l’air, mais aussi à assurer la survie de millions de personnes à travers le monde. La capitale de la Thaïlande, qui compte 15 millions d’habitants, en est un exemple criant puisqu’elle pourrait se retrouver sous le niveau de la mer d’ici 2030.

 

Le prix des changements climatiques

« Chaque année, Bangkok s’enfonce de plus d’un centimètre, un rythme quatre fois plus rapide que la montée prévue du niveau de la mer », a déclaré Kotchakorn Voraakhom, PDG de Porous City Network. Au cours du siècle dernier, la population de cette ville a littéralement explosé, passant de moins d’un million d’habitants à plus de huit millions, auxquels il faut ajouter les sept millions de résidents des zones suburbaines. Cette croissance démographique a bien sûr entraîné la multiplication des routes, des squares, des trottoirs et d’autres surfaces bétonnées imperméables. Ainsi, ce territoire agricole autrefois poreux, dont les constructions permettaient l’évacuation rapide et efficace des pluies et des crues, a peu à peu perdu sa faculté d’absorption, causant des dommages plus fréquents et plus importants que jamais.

En 2011, la Thaïlande a subi la pire inondation de son histoire. Des millions de personnes ont été déplacées ou se sont retrouvées à la rue, y compris Kotchakorn Voraakhom et sa famille. Elle a présenté des images saisissantes de l’aéroport de Bangkok submergé par une immense étendue d’eau brune, ou encore des crocodiles dans les rues inondées du centre-ville – permettant ainsi au public de mieux saisir le coût réel de la crise climatique pour les résidents de Bangkok. « Il y a 15 millions de personnes qui habitent, travaillent et circulent au-dessus de ce delta boueux et imprévisible. »

 

Des idées pour sauver une ville inondée

En tant qu’architecte paysagiste, Kotchakorn Voraakhom savait qu’elle avait les compétences requises pour tenter de résoudre ce problème. Elle et son équipe ont remporté le concours d’aménagement du parc centenaire de Chulalongkorn, un projet pour lequel elles ont passé quatre ans à défendre la vision d’un magnifique espace vert de quatre hectares doté d’une fonction récréative, mais aussi de gestion des eaux. Pourvu d’une surface inclinée, du plus grand toit vert en Thaïlande et d’un bassin de rétention d’eau, il peut en recueillir et stocker un million de gallons. L’eau y est filtrée en partie par des plantes indigènes, de même que par les passants qui font un peu d’exercice sur les vélos stationnaires.

Les inondations et les changements climatiques qui les cause sont peut-être la nouvelle norme, mais Kotchakorn Voraakhom est persuadée que nous pouvons trouver des moyens de vivre avec ces phénomènes.

«Cette prise de conscience des changements climatiques signifie que nous tous, quelle que soit notre occupation professionnelle, avons l’obligation de trouver ensemble des solutions»
– Kotchakorn Voraakhom, Porous City Network


Elle à conclu en pressant les acteurs des organisations publiques et privées de s’engager dans un programme d’action continue.

Cet article est basé sur l’ouverture officielle du Sommet Movin’On 2019 par Kotchakorn Voraakhom (Porous City Network).