La sécurité routière pour tous

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Chaque année, 1,3 million de personnes à travers le monde meurent d’un accident de la route. Un nombre ahurissant qui passe pourtant sous le radar… « Le public ne saisit pas l’ampleur du drame qui se joue sur nos routes », signale Susanna Zammataro, directrice générale de la Fédération routière internationale, qui veille à améliorer la sécurité et l’efficacité du réseau des pays membres. Parmi 30 villes analysées à l’échelle mondiale, Stockholm, Berlin, Dublin et Copenhague arrivent en tête des lieux les plus sécuritaires pour se déplacer en voiture. Susanna Zammataro prévient toutefois que le classement diffère s’il s’agit d’accidents impliquant des piétons, des vélos ou des deux-roues… et il ne tient pas compte des récentes innovations qui prennent d’assaut nos routes !

 

L’IA au service de la sécurité routière

Autrefois, on devait récolter suffisamment de données sur les accidents avant de décréter qu’une route n’était pas sécuritaire et attendre des années avant d’adopter une solution concrète pour y remédier. Aujourd’hui, les caméras installées aux intersections permettent de suivre les automobilistes en temps réel. Seul problème : les villes n’utilisent pas ces vidéos et ne les stockent que pour une durée limitée. Ici entre en jeu Brisk Synergies, une compagnie qui mise sur les mégadonnées et l’intelligence artificielle afin d’identifier les éléments qui compromettent la sécurité routière. « Nous parcourons les données vidéo de manière automatisée dans le but d’analyser chacune des interactions. Nous parvenons ainsi à comprendre les enjeux de sécurité et à mettre en place des solutions avant qu’un accident se produise », explique Luis Miranda-Moreno, directeur scientifique de l’entreprise.

 

Une nouvelle donnée : la micromobilité

Le premier service de trottinettes électriques a été inauguré en 2017, à Santa Monica, rappelle David Zipper, spécialiste en mobilité urbaine. Un an plus tard, il détrônait les vélos en libre-service aux États-Unis. S’il existe des règles établies pour les cyclistes dans la plupart des pays occidentaux, ce n’est toutefois pas le cas pour ce nouveau moyen de transport. Une fois leur trajet terminé, les usagers les abandonnent n’importe où, ce qui représente un danger, notamment pour les personnes à mobilité réduite ou les déficients visuels. Pour David Zipper, il est primordial de créer un espace routier sécuritaire pour tous et qui tient également compte de ces nouvelles réalités.

 

La micromobilité électrique gagne du terrain

Vélos, trottinettes, gyroroues ou gyropodes : les véhicules électriques à usage personnel envahissent les villes et créent de nouvelles occasions d’affaires. Ces moyens de transport « propres » permettent aux citoyens de se déplacer rapidement en milieu urbain tout en évitant les bouchons et les heures de pointe dans les transports en commun.

 

Quelles solutions?

  • Favoriser des pistes cyclables cloisonnées pour tous les usagers micromobiles.
  • Dans les zones congestionnées, prévoir des bornes où les utilisateurs pourront ancrer les trottinettes électriques et vélos en libre-service.
  • Créer des parkings destinés spécifiquement aux véhicules micromobiles.

 

Cet article est basé sur la session de travail donnée au Sommet Movin’On 2019 « Priorité à la sécurité routière : de nouvelles technologies et de nouveaux outils pour prévenir les accidents de façon proactive et préventive » par Luis Miranda-Moreno (Brisk Synergies), David Yang (Fondation AAA), Susanna Zammataro (IRF), David Zipper (German Marshall Fund).