La voie maritime, la voie de l’avenir

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Au sein de l’industrie du transport de marchandises, le fret maritime est celui qui a mis le plus de temps à prendre des mesures pour réduire son impact environnemental. Parmi les pratiques qui lui sont les plus reprochées, l’utilisation de carburants hyper polluants arrive en tête de liste : ainsi, les teneurs en soufre admises en mer sont jusqu’à 1500 fois plus élevées que celles autorisées pour le diesel des voitures (1,5 % contre 0,001 %). Malgré cela, le transport maritime demeure le moyen le plus propre pour acheminer des marchandises, puisqu’il émet moins de CO2 par tonne-kilomètre, compte tenu de la capacité de chargement gigantesque des paquebots.

 

Un effort commun

L’entreprise de transport maritime CMA CGM est déterminée à réduire son empreinte carbone d’ici 2025. Pour y parvenir, elle a notamment investi dans la fabrication de nouveaux bateaux produisant moins de CO2, en plus d’opter pour des planchers écoresponsables en bambou pour ses conteneurs. Patricia Picini, directrice des ventes mondiales et de l’expérience client de CMA CGM, a invité les participants au sommet Movin’On à réfléchir à d’autres stratégies qui permettraient d’améliorer la durabilité et le flux logistique du fret maritime. Selon elle, il faut cesser de se concentrer sur sa propre compagnie et plutôt penser en  fonction de l’industrie. « Nous devons travailler tous ensemble – les transporteurs, les fournisseurs, les clients et les compétiteurs –, afin de trouver des solutions durables », a-t-elle déclaré.

Jean-Baptiste Longin, directeur général canadien de CMA CGM, a fait valoir que le fret maritime  est une solution à plusieurs problématiques du transport terrestre de marchandises, notamment depuis que le camionnage nord-américain est réglementé par le Electronic Logging Device (ELD). Au cours des dernières années, l’entreprise maritime a développé de nouveaux trajets reliant l’Est du Canada au Sud-Est des États-Unis, au Mexique et au Costa Rica, ce qui a pour effet de diminuer le nombre de camions sur les routes, ainsi que leurs émissions en CO2.

 

Des frites surgelées livrées par la mer

Depuis la fin de l’année 2018, l’entreprise McCain Foods Limited transporte ses frites surgelées sur les bateaux de CMA CGM. Cette décision a entraîné une diminution des coûts de transport et des émissions  de CO2 pour le même volume de cargaison. Les frites livrées sont également de meilleure qualité, puisque les camions avaient l’obligation de décharger leur contenu à la frontière des États-Unis et du Mexique, ce qui causait une rupture dans la chaîne du froid.

 

Des bateaux propulsés au gaz

Une nouvelle flotte de neuf bateaux fonctionnant au gaz naturel liquéfié (GNL) naviguera sur les océans dès le début 2020. CMA CGM deviendra ainsi la première compagnie de transport maritime  du monde à propulser ses porte-conteneurs géants grâce à cette source d’énergie, ce qui fera passer ses émissions de 62 g à 25 g de CO2 par tonne-kilomètre.

 

Quelques pistes de solutions

  • Opter pour des bateaux propulsés par l’électricité, l’hydrogène, des batteries aux ions de lithium, ou alors dotés de voiles géantes ;
  • Construire des paquebots 100 % autonomes ;
  • Développer des conteneurs intelligents et plus légers ;
  • Réduire l’emballage des paquets afin d’augmenter la quantité d’unités transportées ;
  • Améliorer la productivité de la chaîne logistique complète ;
  • Créer un système de communication entre les compagnies de transport, les fournisseurs et les autorités portuaires.

 

Cet article est basé sur la session de travail donnée au Sommet Movin’On 2019 « Améliorer la durabilité et le flux logistique complet au moyen de la multimodalité maritime » par Patricia Picini (CMA CGM), Jean-Baptiste Longin (CMA CGM).