Tisser des liens durables

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L’économie circulaire vise la réintroduction de matériaux recyclés dans la chaîne de production, tout en ayant recours à des énergies et des ressources renouvelables et en limitant les pertes et les déchets. Le défi pour les entreprises ? Changer leur modèle d’affaires linéaire et créer des partenariats avec des fournisseurs qui proviennent parfois d’un tout autre secteur. Dans cette optique, une vision commune s’avère essentielle.

 

Faire les bons choix

Comme l’explique Christophe Durand, directeur de la stratégie et du développement chez Michelin, pour adopter un modèle d’affaires circulaire, il importe d’analyser la chaîne de valeur et le cycle de vie d’un produit afin de trouver les meilleures stratégies à adopter. On peut ainsi déterminer les pertes et les gains potentiels à tous les niveaux de la production et créer des partenariats avec des fournisseurs qui répondent le mieux à nos besoins.

« Le cas des pneus est éloquent à cet égard, poursuit-il. Pour qu’un pneu soit durable, c’est sur sa longévité qu’il faut insister. » En ayant recours à des matériaux plus écologiques, on peut en effet réduire l’impact de notre production sur l’environnement, mais si le produit final ne tient pas la route, on risque de simplement déplacer le problème en créant davantage de déchets sous forme de pneus usagés. La durabilité des pneus Michelin se traduit donc, à 90 %, par leur espérance de vie.

À l’opposé, pour un gobelet de plastique, on voudra utiliser davantage de composantes biodégradables pour réduire au maximum son impact sur l’environnement. « C’est toujours une question de compromis à privilégier selon l’analyse des impacts qu’on veut mitiger », conclut Christophe Durand.

 

Investir dans la durabilité

Ce qui rebute certaines compagnies à faire appel à des fournisseurs écoresponsables, c’est le coût des matériaux recyclés ou réutilisés. Jocelyn Doucet, chef de la direction de Pyrowave, explique que réutiliser des plastiques coûte plus cher que raffiner de la matière première. Son entreprise réintroduit des matières plastiques mixtes – comme le polystyrène – dans la fabrication de nouveaux plastiques. « Nos produits reviennent plus cher au fabricant, alors il faut des solutions pour pallier ces coûts supplémentaires de production », indique-t-il.

C’est dans ce contexte que les pouvoirs publics peuvent intervenir en finançant cette transition vers l’économie circulaire. Ils le font déjà dans certaines industries. Par exemple, les consignes dans le secteur des boissons permettent la réutilisation des matières premières.

 

S’entraider pour l’avenir

Si l’économie circulaire implique de tisser de nouveaux liens d’affaires, encore faut-il que chacun en bénéficie : chaque partenaire doit alors se livrer à l’analyse de ses besoins, de ses attentes et de ce qu’il peut apporter au partenariat. Ainsi, deux concurrents peuvent soutenir l’expansion d’un même fournisseur de produits écoresponsables et y trouver leur compte. Par exemple, en finançant chacun une partie de la recherche et du développement du fournisseur en question, l’un peut réduire ses coûts, et l’autre, son empreinte carbone.

 

Quelles solutions?

  • Se doter de bons indicateurs
  • Identifier l’intérêt commun des parties
  • Établir la confiance
  • Connaître ses limites
  • Admettre que la solution est collective
  • Définir ce qui peut – ou pas – être partagé

 

Cet article est basé sur la session de travail donnée au Sommet Movin’On 2019 « Approvisionnement écocirculaire : établir des partenariats viables à l’extérieur de l’écosystème de la mobilité » par Ronald Chalons (Saint-Gobain), Jocelyn Doucet (Pyrowave), Christophe Durand (Michelin), Olivier Jan (Deloitte), Dominique Labilloy (Saint-Gobain), Nabil Nasr (Rochester Institute of Technology), Nicolas Seeboth (Michelin), Jerome Petigny (Deloitte).