Une révolution de la mobilité urbaine

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À l’ère des embouteillages et de la pollution de l’air qui assaillent les grandes villes, le statu quo est intenable tant « ces problèmes sont présents partout » sur la planète, estime Caroline Parot, présidente-directrice générale d’Europcar Mobility Group : « On ne peut pas ajouter beaucoup plus de voitures dans les rues. »

Penser et organiser la mobilité de demain est d’autant plus crucial que 70 % des émissions de CO2 proviennent aujourd’hui des cités. « C’est dans les villes qu’on doit mener le combat contre les changements climatiques », souligne Mauricio Rodas, ancien maire de Quito. Plus que jamais, il faut imaginer une mobilité urbaine où la voiture thermique et individuelle n’est plus à l’avant-scène. Mais comment ?

 

Le rôle des pouvoirs publics

Avec une densité de population de plus de 8000 habitants au km2, Singapour est, depuis des décennies,  aux prises avec ces enjeux de congestion et de pollution. Pour s’y attaquer, la cité-État asiatique a su à la fois proposer  des options de rechange à la voiture individuelle,  axer sa planification des transports sur le court terme (10 ans) et le moyen terme (30 ans), sans pour autant étouffer l’innovation.

Une bonne vision intégrée des transports urbains s’avère fondamentale et il est crucial qu’elle soit  gérée par les pouvoirs publics, et non confiée de facto aux géants de la technologie tels qu’Uber, Google ou Tesla, considère Nat Parker, président directeur-général de ReachNow, maison mère du spécialiste de l’autopartage car2Go. Les autorités locales doivent « établir les standards pour la collecte des données sur le transport ou la réduction des externalités négatives », estime-t-il.

 

Établir des règles claires

Afin de « simplifier la participation du secteur privé » à la révolution de la mobilité, il est urgent de définir un cadre réglementaire précis, préconise Mauricio Rodas. Par la suite, les autorités doivent « être prêtes à autoriser des produits qui n’ont jamais été testés» tant les solutions anciennes sont caduques, souligne Michael Hurwitz, de Transport for London.

Pour ce responsable de l’innovation des transports publics londoniens, une des clés du succès réside dans le déploiement de « petits projets » qui, en fonction des résultats, peuvent être abandonnés, reconduits ou carrément généralisés : il faut donc être agile. Selon Nat Parker, il faut également faire preuve « de courage politique » pour mener cette révolution et « adopter une vision positive de ce qu’il est possible de faire en mobilité durable ».

Cet article est basé sur la conférence donnée au Sommet Movin’On 2019 « Repenser la mobilité urbaine : défis et opportunités » par Wee Shann Lam (LTA Singapore), Caroline Parot (Europcar Mobility Group), Steve Dunlop (Scottish Enterprise), Michael Hurwitz (Transport for London), Nat Parker (ReachNow), Mauricio Rodas (City of Quito), Mary Crass (OCDE).