Vers un transport de marchandises plus écoresponsable

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Aujourd’hui, la technologie permet de se faire livrer sur le pas de sa porte le dernier achat effectué en ligne. L’essor du commerce électronique a toutefois eu un impact considérable sur le secteur du transport de marchandises.

Selon le Forum international des transports (FIT), un organisme regroupant 59 pays, le volume mondial de fret pourrait tripler d’ici 2050, passant de 112 000 à 329  000 milliards de tonnes-kilomètres. Le transport routier de marchandises consommerait à lui seul 50  % de la production totale de diesel. D’ici 30 ans, les camions seront responsables d’une augmentation de 40 % de la demande en pétrole et de 15 % des émissions de CO2 à travers le monde. Et c’est sans compter l’engorgement qu’ils causent aussi bien sur les autoroutes que dans les villes. D’où l’importance de trouver des solutions efficaces et écoresponsables pour livrer les biens de consommation à l’échelle de la planète.

Le transport multimodal de marchandises est l’un des cinq thèmes abordés pendant le sommet Movin’On, qui porte sur la mobilité durable. Les conférences et les sessions de travail ont été l’occasion pour les participants de réfléchir aux moyens d’améliorer les façons de faire actuelles, notamment en misant sur les nouvelles technologies. L’objectif était non seulement de poursuivre la réflexion, mais aussi de trouver des solutions applicables à court ou à moyen terme.

 

Le défi du dernier kilometre

Paulo Humanes et Marc Dalbard, de la division du développement des affaires de PTV Group, et les participants à leur session de travail se sont interrogés sur les enjeux du transport de marchandises en milieu urbain. Afin de réduire la congestion routière et les coûts d’entretien du réseau routier, ainsi que d’assurer la sécurité des citoyens, ils ont considéré diverses avenues comme le partage de véhicules, la micromobilité (vélo, scooters électriques, etc.), de même que les microdépôts.

 

Des camions électriques

Un groupe d’experts, incluant Vivek Sujan, Nicolas Pocard et Francisco Gonzalez, se sont quant à eux penchés sur l’option des camions lourds à pile à combustible et à batterie, afin de transporter des marchandises sans émission de GES. Ils ont cherché à comprendre comment il serait possible d’offrir une plus grande autonomie à ce type de véhicule, grâce à des améliorations sur le plan de leur conception, de leur aérodynamique et des technologies utilisées dans leur fabrication.

 

Un fret maritime moins polluant

Le fret maritime assumant à lui seul 87 % du volume en tonnes-kilomètres de l’ensemble du transport de marchandises, il n’est donc pas surprenant qu’il soit responsable de 52 % des émissions de GES. En avril 2018, l’Organisation maritime internationale a conclu un accord visant à réduire ces émissions d’au moins 50 % d’ici 2050. Les participants à une session de travail animée par Patricia Picini et Jean-Baptiste Longin, du Groupe CMA CGM, se sont demandé quelles seraient les étapes à suivre afin d’atteindre cet objectif, compte tenu du coût astronomique que représente ce type de transport et de la très longue durée de vie des navires. Ils ont également réfléchi sur les moyens par lesquels le fret maritime pourrait résoudre des enjeux de transport terrestre de marchandises, par exemple les limites du système électronique d’enregistrement des camions, le fait que ceux-ci ne sont souvent pas remplis à pleine capacité, les conditions météorologiques particulières et les ralentissements aux postes frontaliers.